par Jonathan Rivest

L’origine de la pratique à l’extérieur

À l’époque où la majorité des plus vieilles formes de Kobujutsu furent créés, les dojo n’existaient pas. Tout dépendant si le maître était un résident local, ou faisait le pèlerinage du guerrier (mushashugyo), l’enseignement pouvait s’effectuer dans la montagne, sur les terres d’un temple, la cour arrière d’une résidence, etc.

La pratique à l’intérieur était quasi inexistante jusqu’au début de la période Edo (1603-1868). L’art se transmettait en secret, à l’affût des regards étrangers, de maître à disciple(s). L’enseignement à grande échelle n’existait pas encore, donc il n’y avait aucune raison d’avoir un établissement dédié à la pratique. Ils pratiquaient donc dans le même environnement où ils combattaient réellement, c’est-à-dire à l’extérieur.

Muramatsu Sensei enseignant le kenjutsu à l’extérieur.

Quoique ce format était plus dû au contexte historique, les maîtres étaient tout à fait conscient des avantages qu’une telle pratique leur procurait. En étant laissé aux caprices de Dame Nature, ils devaient être constamment sur le qui-vive et s’adapter aux changements de situation qui pouvaient survenir. D’ailleurs, l’un des plus important préceptes de Sun Tzu dans l’art de la guerre était l’utilisation du terrain en sa faveur; les maîtres de Kobujutsu avaient bien intégré cela dans leurs méthodes d’entraînement. Ce style de pratique est à ce jour toujours valide.

Transformer un obstacle en avantage

maginez que vous pratiquez sur un terrain sec et qui, dû à cause d’une forte pluie soudaine, se transforme en boue glissante en quelques minutes. Il est très facile d’y perdre l’équilibre, mais dans un combat réel, cette situation peut aussi être utilisé à l’avantage du combattant expérimenté. Ces connaissances sont inaccessibles pour quelqu’un qui n’est pas familier avec la pratique à l’extérieur.

Le point principal est de se familiarisé avec les différents types de surfaces pour ainsi permettre à son corps de bouger aisément peu importe la situation donné.

Chaque type de terrain comporte leurs avantages et inconvénients à exploiter en situation de combat. Ils peuvent aussi servir à conditionner le corps d’une façon unique. Il ne faut pas oublier également la pratique nocturne qui amène un élément de plus très intéressant. Tous les aspects de l’art martial doivent cela être pratiqués dans ces contextes, autant à mains nues qu’avec les armes, si l’on veut maîtriser notre art.

 

La pratique en forêt au 21e siècle

Une des maintes façons d’utiliser la forêt dans notre pratique.

Chaque aspect de la vie moderne a son équivalent dans la nature, même si vous habitez dans une métropole. Au cœur de la jungle urbaine se trouve un grand nombre d’obstacles. Les trottoirs et les déchets au sol représentent les mêmes pièges que des roches ou racines; Nos fameux nids de poules Montréalais sont l’équivalent de trous sur un sentier montagneux; Un terrain en pente est comme un escalier; Pour ce qui est des arbres, ils sont aussi nombreux que des poteaux, des piétons ou voir même les murs de bâtiments. C’est pourquoi nous devons demeurer conscient de notre environnement actuel et de ses divers éléments. Chacun étant un danger de collision ou de blessure, mais offrant aussi une chance d’être utilisés à notre avantage. Ce type de pratique est impossible dans un dojo conventionnel.

Évidemment, les arts martiaux classiques, n’étant pas seulement des méthodes de combat, contiennent leurs lots de conditionnement physique. La forêt regorge d’outils pouvant aider à cette fin. Prenez un arbre mort qui est tombé par exemple : il peut être utilisé pour pratiquer les différents sauts, l’équilibre, ainsi que certains types de déplacements. Encore plus simple, la course en sentier permet de développer un meilleur cardio que si vous couriez sur un tapis ou un terrain plat. Les utilités de la nature sont multiples et extrêmement variées.

L’aspect qui est le plus important lors de toute activité physique est probablement la santé physique et mentale. Afin d’améliorer celle-ci, il est primordiale pour l’humain d’être en contact avec la nature, et cela est encore plus vrai pour les citadins. La forêt déborde d’une énergie nourricière qui à la fois revigore et calme l’esprit, parfait pour remédier au stress de la vie moderne. Pratiquer en forêt n’est pas seulement un avantage tactique pour l’entraînement, mais c’est aussi un cadeau à notre bien-être. La sérénité obtenue par le contact avec la nature n’a pas d’égale.