par Jonathan Rivest

      Le concept de technique de vie et de mort sera familier pour nombre d’adeptes des arts martiaux classiques japonais et chinois; les arts de combat sont l’envers des arts médicaux, ces deux types d’arts formant un tout. L’aspect de technique de vie ne signifie pas seulement d’être capable d’administrer des soins à une autre personne, mais également à soi-même, ainsi que d’être en mesure d’effectuer un entretien corporel continuel.

Ici, j’utilise le terme « entretien corporel » pour encadrer divers aspects : nutrition, étirements, posture, respiration, Do-In (forme d’automassage), etc. Tous ces éléments font partie des arts martiaux classiques, dit Bujutsu, Kobujutsu ou encore Koryû et sont enseignés dans le Myofu-An. Évidemment, ces acquis ne sont pas exclusivement utilisés lors de la pratique martiale, mais bien dans la vie de tous les jours. Le travail postural n’est que la première étape dans le cheminement du pratiquant en ce qui concerne l’entretien corporel.

En tant que thérapeute, ce que je note souvent chez la plupart des patients ayant des troubles de santé, est une mauvaise posture. Or, une posture adéquate détermine une bonne partie de notre santé globale et est un élément primordial de tout art martial et médical. Celle-ci peut faire en sorte qu’une technique fonctionne ou non, déterminer la qualité de la respiration, etc. Si elle n’est pas corrigée, elle peut avoir des effets néfastes sur nos organes.

Muramatsu Sensei expliquant l'importance de la posture.

Muramatsu Sensei expliquant l’importance de la posture.

Dans les arts japonais, les différentes postures utilisées au début, durant et à la fin des mouvements, sont appelées Kamae. En plus d’enseigner plusieurs principes de combat, elles permettent un bon alignement vertébral, une répartition adéquate du poids sur les jambes, l’alignement juste des articulations et de l’ossature, etc. Toutes ces conditions se joignent pour former un corps équilibré et aident à régler plusieurs pathologies associées à la vie moderne.

Cet équilibre va au-delà du domaine corporel : il est également en lien étroit avec l’état mental du pratiquant. La droiture d’esprit a un impact important sur le physique, et vice-versa. Un esprit sain, présent et à l’écoute du corps, sera capable de déceler des anomalies apparentes dans la posture : tête inclinée, dos tordu, poids mal distribué, etc.

À sens inverse, une mauvaise posture peut entraîner des déséquilibres énergétiques dans les organes, ce qui affecte ensuite l’état mental et émotionnel de la personne. Ces notions sont à la base de la médecine traditionnelle en Asie.

Il est aussi important de noter que ces connaissances ne se limitent pas à savoir se tenir droit. Elles vont aussi de pair avec la souplesse. Une souplesse développée aidera à adopter une meilleure posture. De même, une bonne posture réduira les tensions musculaires, ce qui améliorera la souplesse. Cette dernière est tout aussi importante pour la santé.

Comme vous avez pu le constater, tout est interrelié. Cette thématique est au centre des arts classiques, car ils sont avant tout des méthodes globales, agissant sur le corps entier, autant dans le domaine martial que médical.